DECOUVREZL'ARTISTE  

APPROCHE ARTISTIQUE 

L’école était un calvaire. Je n’y voyais rien de positif. Un jour, on m’a foutu sur une chaise et j’y suis resté assis quinze ans. Je n’ai pas cherché à comprendre son principe, ni à me battre contre son obligation, j’allais à l’école car les autres enfants y allaient. Je n’avais pas le choix, il était inutile de discuter à ce sujet. La salle de classe était pour mes parents, un principe fondamental à mon éducation.

 

Durant les trois ans qui suivirent ma naissance, j’ai respiré l’air des hauts plateaux, abandonné mes cheveux aux vents, laissé dériver mon regard sur les crêtes abimées, senti mon poids glisser sur les neiges éternelles. Je me retrouvais du jour au lendemain enfermé dans une boite de trente mètres carré. Je commençais à respirer l’air conditionné, à abandonner mes cheveux au gel, a laissé dériver mon regard sur un banal mur blanc, à sentir mon corps s’avachir sur une chaise. Alors, il me fallait m’enfuir. J’ai longtemps cherché où... Un jour j'ai découvert un monde de couleurs et de formes étranges. Certains Hommes laissaient fuir leurs âmes sur du papier, sur des toiles, à travers la mélodie d’un instrument de musique. Ils paraissaient libres et eux-mêmes, insouciants du monde extérieur, souciants de leur monde intérieur. Je commençais à m’évader en peignant, en grattant les cordes de ma guitare.

Je souffrais terriblement à l'idée d’être conditionné à devenir ingénieur ou à pratiquer un métier stable. J'aimais l'aventure, la peinture, l'écriture, la musique mais les professeurs ne comprenaient pas. Mon coeur saignait sur le papier, et laissait couler des couleurs parfois ternes et sombres ou parfois claires et lumineuses.

A 18 ans j'ai eu mon Bac. Il me fallait prendre l’air. Je suis parti barouder en stop et à pied sur les routes du monde. Du Vietnam au Canada en passant par la Nouvelle-Zélande, l’Australie et les Etats-Unis. Chaque jour pendant 14 mois j’ai vécu l’imprévisible, la découverte, la nouveauté. La spontaneité rythmait mes élans de vie. Il me fallait prendre des risques, et surtout lâcher prise. Moi qui avait beaucoup vécu dans le ressenti, je me retrouvais là à vivre pleinement les choses sans trop réfléchir. J’étais comme un psychologue éphémère aux cotés de centaines de gens qui se sont arrêtés pour m’aider et participer à l’évasion du prisonnier que j’étais. Un chercheur d'or, une prostituée, des chauffeurs de camions, de trains, des artistes, des ouvriers, des paysans, des banquiers, des hommes d’affaires, des voitures de luxe, des bennes de pickups… J’étais très heureux de découvrir différentes philosophies de vie car j’étais en train de construire la mienne.

 

Après un périple à pied de 2300 kms en Nouvelle-Zélande, de 1000miles en voilier de Wilmington à New York, 7000kms d’auto-stop à travers le Canada et la NZ, et beaucoup de petits boulots en Australie, je décide de rentrer pour commencer mes études. 3 semaines après mon retour, je commence la fac de Lettres à Aix-en-Provence. Pourquoi? Je ne sais pas. Il faut bien faire quelque chose de sa vie. Mon esprit trop ailleurs à lâché prise dès le premier cours de Lettres Antiques. Francois De Rosset et la littérature de 1600, j’ai peut-être un peu trop idéalisé le truc.. Après la pause, je me retrouve devant la salle de classe puis après une courte réflexion, je m’enfuis rue Portalis, vers l’Atelier qui avait aidé et fait vibrer mon âme un an auparavant. Finalement je retourne faire ce que j’aime. Sans idée, je laisse venir une très simple esquisse au crayon, puis à l’encre de chine, et enfin viennent les couleurs. « Le pélican regardant l’Homme s’envoler » C’est peut-être l’oiseau que j’aimerais être: doux, grâcieux, lent, paisible, assez haut pour contempler le monde.

AGE : 20

NATIONALITÉ : FRANÇAIS